Méthode
MÉTHODE
Comment se fabrique EN CREUX
Une œuvre, un détail, une actualité ou une contradiction peuvent être à l'origine d'un sujet.
Mais une intuition ne suffit pas à faire une publication.
Entre la première question et le texte mis en ligne, il y a des recherches, des hypothèses, des vérifications et des arbitrages. Certaines pistes se confirment. D'autres se transforment ou sont abandonnées.
Ce travail mobilise des sources documentaires, des outils numériques et des intelligences artificielles.
Voici comment EN CREUX les utilise, ce qui est rendu accessible au lecteur et qui assume la responsabilité des publications.
De l'intuition au sujet
Un sujet commence généralement par une question.
Elle peut naître d'un détail observé dans une œuvre, d'un témoignage, d'une découverte documentaire ou d'un événement contemporain qui invite à regarder autrement un objet culturel.
Les premières recherches permettent d'évaluer si cette question mérite d'être développée.
Existe-t-il des sources suffisamment solides ? Le détail initial est-il exact ? L'interprétation envisagée résiste-t-elle à l'examen ? Le sujet apporte-t-il autre chose qu'une anecdote intéressante ?
Une piste peut être écartée faute de documentation, parce qu'elle repose sur une hypothèse trop fragile ou parce que la recherche révèle une question différente.
Les sujets abandonnés font aussi partie du travail éditorial.
Enquêter et vérifier
La recherche s'appuie sur des documents identifiables : œuvres originales, archives, entretiens, publications scientifiques, travaux historiques, documents institutionnels et sources secondaires spécialisées.
Nous cherchons, lorsque cela est possible, à remonter aux sources primaires plutôt qu'à nous arrêter aux reprises successives d'une même information.
Chaque affirmation importante appelle plusieurs questions : qui en est à l'origine ? Dans quel contexte a-t-elle été formulée ? Sur quels documents ou quelle méthode repose-t-elle ? Quels intérêts peuvent intervenir dans sa présentation ?
Nous cherchons également à distinguer une corroboration indépendante de la simple répétition d'une information.
Dix articles reprenant le même témoignage ne constituent pas dix confirmations.
Les contradictions entre sources sont examinées plutôt qu'effacées pour rendre le récit plus fluide.
Lorsque les documents ne permettent pas de trancher, cette limite doit être conservée dans le travail final.
Travailler avec les intelligences artificielles
Les intelligences artificielles participent à plusieurs étapes de la fabrication d'EN CREUX.
Elles peuvent aider à explorer des sujets, proposer des pistes documentaires, confronter des hypothèses, formuler des objections, organiser les informations, construire un plan et travailler la rédaction.
Plusieurs modèles peuvent être sollicités sur une même question afin de comparer leurs propositions et de faire apparaître des désaccords.
Cette contribution n'est pas limitée à la correction orthographique ou à la mise en forme. Elle peut intervenir dès les premières étapes de la réflexion éditoriale.
Il serait donc inexact de présenter les publications comme des textes entièrement produits sans assistance.
Mais les réponses des IA ne constituent pas des sources documentaires.
Une IA peut proposer une piste. Elle ne constitue pas la preuve qui permet de la vérifier.
L'accord de plusieurs modèles ne garantit pas non plus l'exactitude d'une affirmation. Ils peuvent reproduire les mêmes erreurs, dépendre des mêmes documents ou présenter avec assurance une interprétation insuffisamment étayée.
Leurs propositions doivent être confrontées aux sources sur lesquelles elles prétendent reposer.
Les décisions de publication et les interprétations retenues relèvent de la responsabilité éditoriale humaine.
Écrire et documenter
Une fois la recherche suffisamment avancée, le sujet prend la forme d'une Note ou d'un Dossier.
Le texte distingue les faits établis, les témoignages, les hypothèses et les interprétations éditoriales.
Les affirmations déterminantes sont rapprochées de leurs sources. Les incertitudes susceptibles de modifier la compréhension du sujet sont conservées dans le texte ou précisées dans son appareil documentaire.
Chaque publication dispose d'un appareil documentaire adapté à son ampleur.
Celui-ci peut comprendre les principales références utilisées, les éléments factuels décisifs, les limites de la recherche, les crédits visuels et les éventuels désaccords entre sources.
Il ne s'agit pas d'accumuler des liens pour donner une apparence de sérieux.
Une référence doit permettre au lecteur de retrouver un document et de comprendre ce qu'il permet réellement d'établir.
L'appareil documentaire accompagne la recherche dès son commencement. Il n'est pas ajouté après coup pour justifier une conclusion déjà écrite.
Publier, signer et corriger
Les Notes et Dossiers sont d'abord publiés sur EN CREUX, qui conserve les textes de référence et leur documentation.
Ils peuvent ensuite être adaptés sous d'autres formes : carrousels illustrés, essais vidéo ou publications destinées aux réseaux sociaux.
Tous les sujets n'ont pas vocation à devenir des vidéos. Le choix du format intervient après le travail éditorial, en fonction de ce qu'il permet réellement de transmettre.
EN CREUX est un projet conçu et dirigé par Jonathan Slila.
La signature ne signifie pas que chaque phrase a été produite sans assistance. Elle signifie que les choix de publication, les interprétations retenues et la responsabilité des contenus sont assumés par leur auteur.
Cette responsabilité comprend aussi la correction des erreurs.
Une source nouvelle peut modifier la compréhension d'un sujet. Un lecteur peut signaler une inexactitude. Une formulation peut se révéler trop affirmative au regard des documents disponibles.
Les corrections significatives doivent être rendues visibles, avec leur date et leur nature.
La publication n'est pas la fin du travail documentaire.
EN CREUX ne demande pas au lecteur de croire une conclusion sur parole. Il lui donne les moyens d'examiner ce sur quoi elle repose.
Jonathan Slila — EN CREUX